J'ai fermé la serrure du haut … dernier geste qui grâce à toi, m'est revenu à l'esprit, avant la chute (la cascade dis-tu ce qui t'a amenée à m'appeler Bebel !!!) …

Puis un grand vide s'est installé en moi, comme si je n'avais pas vécu les quelques heures qui ont suivi « ce malencontreux dérapage »,

Pourtant mon corps portait des traces plus qu'évidentes qui prouvaient ma chute, alors que je m'ingéniais à la nier. M. en a été la première « victime », d'autres ont suivi …

 

«Eh ! Suis pas mort !!! » me suis-je écrié en essayant de relever la tête, pour répondre aux AAAH, aux OOOH P..... ! poussés avec horreur par M. et toi ma douce amie en découvrant mon corps ensanglanté étalé au pied de l'escalier. Heureusement l'appartement que j'occupe est situé au … 1er étage ! Sinon qu'auraient été le simple traumatisme crânien, la fracture d'une arcade sourcilière et les contusions qui parsemaient mon visage et mon corps …

Tu me racontes que par mes soins le pompier, au demeurant sympa n'a pas été épargné par mes doux mots … j'ai répondu juste lorsqu'il m'a demandé nom prénom date de naissance , mais à la question:quel âge avez-vous ? Après quelques secondes j'ai répondu avec véhémence, me dis-tu, c'est facile vous n'avez qu'à calculer !!! Lorsque gentiment il m'a demandé le nom du président de la République, j'ai déclaré que j'avais besoin de réfléchir … (mais en fait aujourd'hui ayant retrouvé toute ma tête n'aurais-je pas la même réflexion?) ...

Etonné je t'ai demandé : « c'est quoi ça » tu m'as répondu « c'est rien, du sang, c'est en tombant dans l'escalier », c'est uniquement venant de toi que j'acceptais avoir chuté ??? Mon cerveau déconnecté pendant la chute, je n'ai ressenti aucune douleur, se serait-il « remis en route » pour faire entendre vers qui allait ma confiance ??? Oui sans aucun doute …

Le transport jusqu'à l'ambulance, le trajet jusqu'à l'hôpital, les premières heures dans le service des urgences se sont déroulés sans « moi », tu n'as pu me raconter tu n'étais pas à mes côtés …

Et ça repart, les yeux à peine ouverts « à la vie » la première phrase entendue est : « vous avez du faire une sacrée chute !» … Mais qu'ont-ils donc, pourquoi insiste t-on ainsi ? … Ce n'est que plusieurs jours plus tard que j'ai compris : les traces très marquées qu'avaient laissé la dégringolade sur mon visage ne permettaient aucun doute …

Tout s'agitait autour de moi alors que lentement je reprenais mes esprits … Que fais-je ici ? Que s'est-il passé ? … A partir de ce moment je m'efforçais de me souvenir où

j'habitais et aussi et surtout j'essayais de retrouver le visage de la femme de l'amie qui depuis un certain temps m'entourait d'une attention toute particulière, m'offrait une aide précieuse dans la vie de tous les jours et m'accompagnait dans mes délires en cherchant au cours de chacune de nos conversations à refaire le monde. Ton beau visage m'est revenu et mon soulagement a été total lorsque réellement des éclairs dans les yeux tu m'es apparue dans ce froid couloir …

 

A tous et aux autres aussi (?!?!?!) je souhaite de faire une rencontre aussi riche, présente et chaleureuse que la chance m'a donné un jour de croiser sur ma route, toi oui, toi ma douce Germaine …

Pour toi mon ANGE, lorsque tu liras ces lignes, reste sereine, les marques de ce passage sont effacées et ma mémoire est à nouveau intacte ...

 

A vous mes Amis qui me faîtes le plaisir de passer par là, sachez que je pense à vous, que mon silence est fortuit … lire vos commentaires me toucherait ...

 

 

Tchaikovski - Casse-noisette (Nutcracker) - Valse des fleurs

Hubert Felix Thiefaine : Animal en quarantaine